Les
tiques sont des acariens de grandes tailles, (3 à 6 mm en moyenne, hors
réplétion, et jusqu'à 3 cm pour certaines espèces tropicales), ce qui en
fait les plus grands représentants de l'ordre des acariens. La forme,
taille et couleur des tiques varient beaucoup selon l'espèce et son stade
de développement.
Reproduction et cycle de développement
Seules
les tiques adultes s'accouplent, au sol avant la quête de l’hôte ou sur
l’hôte lui-même. Après l'accouplement, le mâle meurt ; la femelle meurt après la ponte. Toutes les
espèces connues de tiques se développent en passant par quatre stades
évolutifs distincts :l'œuf .la larve , la nymphe, l’adulte .
Stratégies de quête d'hôte :
Pendant
les phases de « quête » , la tique attend un hôte pour s'y accrocher. La
quête se fait sur les brins d'herbe, de graminées, de fougères, etc., en
milieu extérieur ouvert pour les tiques exophiles ; elle se fait au sol, à
même la terre ou sur les brindilles des nids et terriers ou les crevasses
des grottes, pour les tiques endophiles.
D
ifférentes stratégies s'observent :
Dispersion des tiques sur un large territoire, sur tous types
de végétation.
Cette
situation se rencontre surtout dans les zones à conditions climatiques peu
sévères.
Distributions spatiales et temporelles ciblant des lieux où
les chances de rencontre avec l'hôte sont plus favorables :
zone
d'ombres et de nourrissage en zone aride pour les tiques infestant les
mammifères, etc.
Par
exemple, les larves en saison sèche seront surtout trouvées dans la
végétation entourant les trous d'eau permanents ou sur des herbes dominées
par des Acacias,
c'est-à-dire là où des ongulés ou d'autres mammifères
viendront nécessairement se nourrir et/ou s'abriter du soleil.
Des
larves semblent aussi pouvoir se laisser transporter en aval par l'eau
lors de crues.
Elles
pourront sur une berge plus éloignée tenter de trouver un autre
hôte.
En zone
aride, les cours d'eau attirent inévitablement de nombreux animaux qui y
viennent boire.
Ces
animaux pourront à leur tour véhiculer la tique, parfois sur de grandes
distances.
Certaines tiques savent remarquablement bien se déplacer sur
leur hôte (même animaux lisses à écailles tels que certains serpents,
orvets, lézards)
ou
percer une peau épaisse (de rhinocéros ou de tortue) sans que l'hôte ne
les sente et ne cherche à se débarrasser d'elles.
Elles
sont ensuite très bien ancrées sur leur hôte, et leur piqûre rendue
indolore par des anesthésiants injectés avec leur salive les rend moins
détectables.
Libres
et attachées, elles montrent aussi une très bonne résistance à
l'écrasement et une étonnante capacité à échapper aux différentes méthodes
de
nettoyage de leur hôte (par léchage, grattage, bains de boue ou de
poussière, auto-épouillage).
L'épouillage réciproque, véritable rite social développé par
les singes semble une des méthodes les plus efficaces, mais consommatrice
de temps).
L'ancrage de la tique sur son hôte
Après
avoir trouvé une proie et s'y être accrochée, la tique chemine lentement
sur la peau (de quelques minutes à plusieurs heures
parfois)
pour
trouver un emplacement qui lui convient. De fines griffes lui permettent
de se stabiliser sur l'épiderme
(ces
griffes sont plus puissantes chez la larve qui a besoin de s'ancrer pour
pouvoir percer la peau).
La
tique coupe la peau grâce à des chélicères extériorisables qu'elle enfonce
peu à peu.
Cette
opération, sous l'effet de substances salivaires anesthésiantes, se fait
sans douleur pour l'hôte.
La
tique en quelques heures a ainsi enfoncé tout son rostre.
Elle
parfait son ancrage par la sécrétion d'une substance, sorte de colle
biologique; cette colle la fixe très fortement au derme.
Ainsi
fixée, elle peut alors, pendant toute la durée de son repas,
alternativement aspirer le sang et réinjecter de la salive de manière à
agrandir la poche ainsi
creusée
sous la peau jusqu'à ce que cette poche atteigne un ou plusieurs
microcapillaires sanguins,
qui
crèveront et l'alimenteront directement en sang. Durant ce temps, la tique
injecte un cocktail de molécules qui affaiblissent
localement
l'immunité de l'hôte et insensibilisent le système nerveux
(ce qui ne fonctionne plus chez des organismes dont le
système
immunitaire a été sensibilisé (rendu allergique en quelque
sorte) à ces molécules).
Plus le
rostre est long, mieux la tique est fixée.
Ainsi
les tiques sont si bien fixées qu'une traction directe leur arrache
souvent le rostre,
lequel
peut causer un abcès ou une infection. Il faut les faire tourner avant de
les extraire pour
disloquer le cément (ce qui ne suffit pas toujours) ou,
mieux, utiliser un instrument spécialisé (type
tire-tique).
Facteurs de pullulation de tiques
L'aire
de distribution des tiques (sauf peut-être en zone très aride) s'étend
nettement, notamment en altitude.
Ceci va
probablement s'accompagner d'une augmentation des régions touchées par les
maladies transmises par les tiques.
Plusieurs causes, complémentaires et aggravantes, de
pullulation :
Les
modifications climatiques, favorisant en zone froide et tempérée la survie
hivernale des tiques,
Des
modifications environnementales profondes, raréfaction des ennemis des
tiques en liaison avec
une
large contamination de l'environnement par les insecticides ,
qui
pourrait expliquer un recul important des insectes et acariens
parasites-prédateurs, notamment les guêpes
parasitoïdes,
ainsi
que par les fongicides, avec la régression des nombreuses espèces de
champignons et des nématodes parasites des tiques.
Des
modifications paysagères (En Amérique du Nord les tiques seraient plus
nombreuses
dans
les forêts plus fragmentées, peut-être en raison de l'augmentation des
cultures en lisière),
La
densification des hôtes des tiques artificiellement alimentés: rongeurs, sangliers et cervidés
notamment très favorisés
par
l'agrainage, mais aussi par l'étendue croissante des cultures céréalières
en lisière forestière, et la perte de milliards de
grains
de
céréales le long des axes de transport (route, voies ferrées) après les
moissons, etc. (quantifiée sur certains axes aux USA, car attirant des
sangliers qui causent des accidents).
La
densification des hôtes liée à la disparition de leurs prédateurs,
pourchassés ou décimés par les polluants.
Les
zones de pullulation de tiques correspondent souvent à des zones où les
grands prédateurs ont disparu et où le grand gibier est
(sur)alimenté.
Tiques
et maladies
Les
tiques seraient dans le monde - si on considère la totalité de leurs
populations - l
es
vecteurs du plus grand nombre de micro-organismes différents.
Les
tiques sont des agents vecteurs de nombreuses pathologies humaines et
animales.
Elles
véhiculent notamment des maladies émergentes, réémergentes humaines et/ou
animales ou qui pourraient le devenir :
Borréliose, causant la Maladie de Lyme,
Peste
porcine africaine (en zone tropicale),
West
Nile Virus (en zone tropicale, et peut-être tempérée),
rickettsiose (maladies sévères graves, dont la fièvre
boutonneuse méditerranéenne), dues aux rickettsies,
Anaplasmoses (dont anaplasmose bovine) dues aux Anaplasma,
Coxiellose dû à Coxiella burnetii,
Babesiose due à Babesia,
Bartonellose due à Bartonella,
Franciselloses due à Francisella,
Diverses viroses dues à des virus ou arbovirus,
Ehrlichiose ou Cowdriose due à la bactérie Ehrlichia
ruminantium[29].
Conseils pratiques
Prévention
La
meilleure façon de prévenir les maladies portées par la tique est d'éviter
la piqûre.
Une
inspection soigneuse du corps après les promenades ou activités en forêt
permet
de
détecter et enlever les tiques avant qu'elles aient eu le temps de
transmettre la maladie de Lyme.
Il
existe aussi de nombreux produits répulsifs, mais dont l'efficacité n'est
pas toujours évidente.
Sorties
à l'extérieur
Il est
conseillé lorsque l'on va en forêt ou dans les
champs:
de
porter des vêtements clairs qui couvrent la peau pour localiser les tiques
plus facilement,
de
porter des chaussures montantes fermées (des bottes sont le mieux) pour
éviter que les tiques ne se fixent sur la peau,
de
porter des chaussettes anti-tiques,
d'utiliser des répulsifs (ou insectifuges) à base de DEET ou
du Bayrepel (plus récent que le DEET, et efficace durant 4 heures contre
les tiques et 8 heures contre les moustiques et les
taons).
Se
débarrasser rapidement des tiques trouvées sur les
vêtements.
Au
retour, examiner attentivement toutes les parties du corps pour y dépister
les tiques éventuellement fixées à la peau puis se doucher et se changer
est conseillé.
À la
maison
Il est
possible de limiter la prolifération des tiques dans la maison et à
l'extérieur.
Couper
l'herbe, éliminer les feuilles mortes, refuges de larves.
Aspirer
puis boucher les creux et interstices dans les planchers, les murs.
Inspecter les animaux au retour d'une sortie, traiter les
lieux d'élevage avec des produits spécifiques.
Empêcher l'installation facile des rongeurs dans et aux
abords de la maison.
En cas
de morsure
Retrait
sécurisé d'une tique à l'aide d'un « tire tique "
Érythème migrant, typique, mais non systématique en cas de
maladie de Lyme transmise par piqûre de tique.
Si la
tique est découverte, il faut la retirer au plus vite car le risque de
contamination augmente avec la durée du contact.
L'idéal
est de disposer d'un crochet à tiques (vendu en pharmacie, chez les
vétérinaires, etc.).
Il faut
saisir la tique au plus près de la peau à l'aide du crochet puis tourner
lentement sans tirer jusqu'à ce que la tique se
décroche.
Si l'on
ne dispose de crochet à tiques, on peut utiliser une pince à épiler en la
saisissant au plus près des pièces buccales puis en tirant sans
tordre.
En
l'absence de pinces, on peut utiliser un fil que l'on nouera au plus près
de la peau puis on tirera dans l'axe.
On peut
également utiliser ses doigts (impérativement gantés pour éviter le
contact avec le sang de la tique qui peut être
contaminant).
L'important est de retirer la tique le plus rapidement
possible.
Le
rostre d'une tique (les pièces buccales qui sont plantées dans la peau)
est entièrement recouvert d'épines qui sont implantées de façon
rétrograde.
Lorsqu'on
utilise une autre technique que le crochet à tiques, ces épines peuvent se
redresser et retenir le rostre qui risque de se casser à sa base et de
rester dans la peau.
Ce qui
peut être à l'origine d'une infection, et causer douleur etinflammation
(nodule persistant après retrait).
Cependant aucune transmission d'agents pathogènes n'est à
craindre car ceux-ci sont situés dans l'abdomen.
Si on
tourne le corps de la tique avec un crochet prévu à cet effet, les épines
reviennent autour de l'axe de rotation, et le rostre est extrait de la
peau.
Il est
essentiel de ne pas comprimer l'abdomen de la tique à l'occasion de son
retrait, pour minimiser le risque de régurgitation de salive .
Ce
reflux salivaire dans la peau peut être à l'origine de phénomènes
allergiques et de la transmission desmicro-organismes dont les tiques
peuvent être les vecteurs.
Pour la
même raison, il est déconseillé d'appliquer tout produit (éther, alcool,
huile...). En effet, en se sentant agressée, la tique risque de régurgiter
et d'envoyer sesmicrobes dans l'hôte qui l'héberge.
Les
pinces à mors opposés et autres instruments similaires exercent une
pression sur le tube digestif de la tique ; en revanche, les crochets à
tiques viennent au contact du corps de la tique sans y exercer de pression
excessive.
Une
fois la tique retirée, ne pas oublier de bien
désinfecter.
Surveiller attentivement la plaie pendant trois
semaines.
Consultez un médecin si vous avez une auréole rouge qui
évolue (érythème migrant) ou que vous ressentez un état grippal.
La
prescription peut être un bilan sanguin et/ou un traitement antibiotique.
Pour
nos animaux
Les
conséquences des infestations sur les animaux
Les
infestations à tique sont importantes et de plus en plus fréquentes pour
les animaux sauvages et domestiques, elles peuvent transmettre plusieurs
maladies.
Les
tiques semblent être les uniques vecteurs d'une maladie parasitaire du
sang appelée piroplasmose (ou Babésiose) due à un protozoaire (Babesia sp,
ex : B. canis, B. microtii ).
La
piroplasmose atteint les canidés, les équidés, les bovidés
...
Le
protozoaire parasite les globules rouges dans lesquels il se multiplie et
les détruit lorsqu'il s'en libère.
La
piroplasmose entraîne une anémie avec un ictère pâle et généralement une
forte fièvre .
Dans
les stades avancés de la maladie, une coloration brun foncé des urines
peut être notée, due à la bilirubine issue de la dégradation de
l'hémoglobine libérée dans le sang par la destruction des globules
rouges.
La
piroplasmose est une maladie potentiellement
mortelle.
Trois
moyens de luttes contre les parasites :
action
pour rompre le cycle externe ?épandage
de produits acaricides.
action
sur l’animal pour détruire le parasite ? douchage, balnéation
avec une solution acaricide
Prévention avec collier, vaporisateurs et
pipettes.